Transmettre le Wùo Taï à deux
Nous avons découvert et appris le Wùo Taï dans la même période, auprès de Roland et Nathalie. Nous avons suivi le cursus ensemble, beaucoup pratiqué entre les formations, puis poursuivi l’apprentissage à travers des assistanats et des expériences de transmission.
Mais nous n’y sommes pas arrivés par le même chemin.
Deux parcours, une transmission commune
Myriam
Précision, sécurité et attention au corps.
Avant le Wùo Taï, Myriam a travaillé une quinzaine d’années comme infirmière à l’hôpital. Le Wùo Taï a accompagné une évolution importante de son parcours : quitter progressivement l’univers hospitalier pour exercer comme infirmière à domicile et développer parallèlement d’autres approches corporelles, notamment la réflexologie.
Cette expérience professionnelle nourrit directement sa manière de transmettre. Myriam apporte une attention particulière à l’anatomie, à la précision du geste, au vocabulaire, à la sécurité et au confort de chacun.
Elle observe beaucoup : une tension, une hésitation, une mimique, une position qui devient inconfortable. Elle cherche à créer un cadre dans lequel les participants peuvent pratiquer, questionner et ajuster leur geste avec confiance.
Simon
Ressenti, expérimentation et philosophie du geste.
Le parcours de Simon s’est construit de manière moins académique, à travers les voyages, l’introspection, la méditation, l’expérimentation corporelle et un travail personnel autour de la relation au corps et à soi.
Sa pratique s’est ensuite professionnalisée en cabinet, notamment comme rebouteux, avant que le Wùo Taï ne devienne progressivement l’un de ses principaux outils de pratique.
Dans l’enseignement, Simon accorde une place centrale au ressenti. Comprendre un geste ne consiste pas seulement à savoir comment le réaliser : il faut pouvoir en percevoir la qualité, sentir ce qui change et comprendre ce que l’on cherche à créer dans la relation.
Il apporte aussi une lecture plus globale et philosophique de la pratique : pourquoi ce geste ? quelle qualité de présence ? quelle relation à l’autre ? comment rester disponible à ce qui se présente plutôt que reproduire mécaniquement une technique ?
Deux sensibilités qui se répondent
Nous ne cherchons pas à enseigner chacun notre partie.
Nous pouvons tous les deux démontrer, expliquer, observer et accompagner la pratique. Mais nos sensibilités différentes nous permettent de porter notre attention sur des choses différentes.
Là où l’un va parfois insister sur la précision, la sécurité ou un repère anatomique, l’autre va attirer l’attention sur une sensation, une intention ou la qualité générale du mouvement.
Ce double regard permet aussi de nous questionner mutuellement. Enseigner ensemble nous oblige à confronter nos perceptions, à préciser ce que nous voulons transmettre et à continuer nous-mêmes à apprendre.
Le Japon, une expérience charnière
Parmi les expériences qui ont particulièrement construit notre manière d’enseigner, notre travail comme assistants auprès de Roland et Nathalie au Japon occupe une place importante.
Nous y avons accompagné ensemble des groupes importants, dans un autre contexte culturel et linguistique, avec une véritable responsabilité pédagogique tout en restant dans le cadre porté par Roland et Nathalie.
Cette expérience nous a demandé d’observer davantage, de simplifier nos explications, de nous adapter rapidement et surtout de travailler réellement comme un binôme.
Elle a confirmé quelque chose qui était déjà présent : nous voulions transmettre le Wùo Taï ensemble.
Pourquoi enseigner à deux ?
Le Wùo Taï est lui-même une pratique à deux. Pouvoir l’enseigner à deux permet de montrer un geste ensemble, d’observer simultanément le groupe sous plusieurs angles et d’être plus disponibles pour les participants.
Mais notre choix va au-delà de cette facilité pédagogique.
Nous avons confiance dans le regard de l’autre. Nous savons que nous pouvons nous questionner, nous corriger, ne pas toujours percevoir les mêmes choses et pourtant avancer dans la même direction.
C’est cette complémentarité — entre précision et ressenti, cadre et expérimentation, anatomie et expérience vécue — que nous cherchons aujourd’hui à mettre au service de la transmission.
Une pédagogie qui laisse place à l’expérience
Nous privilégions un apprentissage fortement expérientiel : des démonstrations courtes, des repères clairs et beaucoup de temps consacré à la pratique.
L’apprentissage alterne donner, recevoir et observer, avec des retours individualisés et une adaptation constante à la personne et à la situation.
Pratiquer
Comprendre le Wùo Taï passe d’abord par le corps. Les explications viennent soutenir l’expérience, pas la remplacer.
Observer
Regarder, ressentir et recevoir font partie de l’apprentissage autant que réaliser le geste.
Ajuster
Le but n’est pas de reproduire mécaniquement un protocole, mais d’intégrer des principes pour pouvoir adapter son geste à ce qui se présente.
Découvrir le Wùo Taï par l’expérience
Notre manière de transmettre prend tout son sens dans la pratique.
Vous pouvez rejoindre une formation pour découvrir ou approfondir le Wùo Taï, ou accueillir une formation dans votre structure.

